
Un plan aérien de votre site, de votre chantier ou de votre événement fait toujours son effet en réunion de validation. La question qu’un responsable communication doit se poser vient après : ce plan va-t-il aider quelqu’un à vous choisir, à postuler chez vous, à comprendre ce que vous faites ? Et l’avez-vous commandé dans les règles, sachant que la réglementation a encore bougé le 1er janvier 2026 ?
En bref
- Depuis le 1er janvier 2026, les anciens scénarios français S1, S2 et S3 ne sont plus reconnus. Un tournage professionnel qui sort du cadre simple (au-dessus de personnes, en ville, hors vue) doit s’appuyer sur un scénario standard européen (STS-01 ou STS-02) ou sur une autorisation de la DGAC.
- En agglomération, comptez au moins 5 jours ouvrables de déclaration en préfecture. Pour une dérogation (vol de nuit, hauteur), au moins 30 jours.
- Le drone rapporte quand il montre une information que le sol ne peut pas montrer : une échelle, un territoire, un flux, un avant/après.
Ce qui a changé le 1er janvier 2026
Le cadre est européen depuis le règlement d’exécution (UE) 2019/947. Il classe les vols par niveau de risque, en trois catégories :
- Ouverte : risque faible. Vol à vue, sous 120 m, loin des personnes non impliquées. C’est le cadre d’un plan de paysage tourné en pleine campagne.
- Spécifique : risque modéré. C’est là que tombent la plupart des tournages d’entreprise réels : survol d’un site en activité, d’une zone habitée, d’un événement.
- Certifiée : risque élevé, hors sujet pour la vidéo.
Pour la catégorie spécifique, la France avait ses propres scénarios (S1, S2, S3). Le ministère de la Transition écologique l’écrit sans ambiguïté : ces scénarios nationaux sont restés « reconnus jusqu’au 1er janvier 2026 », et seulement pour les exploitants déclarés avant 2024. Depuis, un télépilote professionnel vole dans un scénario standard européen (STS-01 ou STS-02, avec des drones de classe C5 ou C6), ou bien il obtient une autorisation de la DSAC (l’autorité de surveillance de la DGAC), fondée sur une analyse de risque.
Pour vous, client, la conséquence est simple : un prestataire qui vous parle encore de « S3 » en 2026 n’a pas mis ses papiers à jour.
Ce que vous devez vérifier avant de signer
Vous n’avez pas à devenir expert en droit aérien. Vous avez à poser cinq questions, et à obtenir des réponses écrites.
- Exploitant enregistré. Le prestataire est-il enregistré comme exploitant sur AlphaTango, le portail de la DGAC ? C’est obligatoire dès que le drone dépasse 250 g ou porte une caméra, donc toujours pour de la vidéo.
- Le bon cadre pour votre tournage. Dans quelle catégorie et quel scénario le vol sera-t-il fait ? Un plan au-dessus de vos salariés réunis sur le parking ne se tourne pas dans le même cadre qu’un plan du bâtiment vide un dimanche matin.
- Les démarches et leurs délais. En zone peuplée (et à Grenoble, presque tout est zone peuplée), une déclaration en préfecture est demandée au moins 5 jours ouvrables avant le vol. Une dérogation, par exemple pour un vol de nuit ou au-delà de 120 m, se demande au préfet au moins 30 jours avant. Si votre inauguration est dans dix jours et que personne n’a rien déposé, le plan aérien est déjà compromis.
- L’assurance. La responsabilité civile est obligatoire pour un usage professionnel. Demandez l’attestation.
- Les autorisations au sol. Le propriétaire du terrain survolé, le gestionnaire du lieu de l’événement, et le droit à l’image des personnes reconnaissables : le drone ne dispense d’aucune de ces règles.
Dans les Alpes, ajoutez un point : les zones protégées. Parcs nationaux, réserves naturelles, abords des aérodromes (Grenoble-Le Versoud, Grenoble-Alpes-Isère à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, près de Voiron) font partie des espaces où le survol est interdit ou très encadré. Un télépilote sérieux vérifie la carte avant de vous promettre un plan.
Chez CINEDIA, nos télépilotes sont certifiés DGAC et volent en scénario standard européen STS-01 : le cadre prévu pour les vols à vue en zone peuplée, à moins de 120 m, au-dessus d’une zone au sol délimitée et réservée aux seules personnes impliquées pendant le vol. Nous prenons en charge les déclarations et vous indiquons dès le devis le délai minimal à prévoir.
Les 4 cas où le drone rapporte
1. Montrer une échelle que le sol ne peut pas montrer
Une plateforme logistique, une carrière, un chantier de 40 000 m², un campus. Au sol, la caméra filme un mur. En l’air, elle montre la taille de l’outil, donc la capacité de l’entreprise à absorber une grosse commande. Pour un acheteur B2B qui hésite entre vous et un concurrent plus connu, c’est une information. Le plan aérien remplace un paragraphe de plaquette.
2. Ancrer l’entreprise dans son territoire pour recruter
Le recrutement reste difficile. L’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail recense 2,28 millions de projets de recrutement, dont 43,8 % jugés difficiles par les employeurs eux-mêmes. Pour une PME industrielle de l’Isère, le cadre de vie fait partie de l’offre : la Chartreuse depuis le parking, le Vercors au fond de l’atelier.
Les candidats regardent ce cadre. Dans l’enquête Glassdoor menée en 2019 auprès de 5 000 adultes (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne), plus de 77 % déclarent regarder la culture d’une entreprise avant de postuler. Le plan aérien montre l’endroit où cette culture se vit, et il donne envie de regarder la suite : les témoignages, les métiers, l’équipe.
C’est pour ça que nous l’utilisons en ouverture des vidéos marque employeur, rarement au-delà de quelques secondes.
3. Montrer un avant/après ou un flux
L’avancement d’un chantier mois par mois, une ligne de production vue de haut, la circulation des visiteurs dans un salon. Le drone, ou le drone FPV en intérieur (un petit drone piloté en immersion, capable de traverser un bâtiment), raconte un mouvement en un seul plan. En intérieur, les règles changent : on valide en amont avec le lieu et l’assureur.
4. Produire un plan qui servira dix fois
Un bon plan aérien de votre site vit longtemps : ouverture du film d’entreprise, page carrières, stand de salon, publication LinkedIn, vœux de fin d’année. Le rapport State of Video 2026 de Wistia (éditeur américain, données de ses utilisateurs) note que plus de la moitié des entreprises découpent leurs vidéos longues en extraits. Un plan drone se découpe et se réutilise mieux que n’importe quel autre. Si vous le commandez, prévoyez dès le tournage une version courte, une version verticale et une photo aérienne.
Les cas où il vous coûte sans rien apporter
- Le plan carte postale. Un survol du Vercors au coucher du soleil, que n’importe quelle banque d’images vend déjà. Si votre logo n’est pas dedans, si votre site n’est pas dedans, le plan ne parle pas de vous.
- Le drone qui remplace le message. Trente secondes de survol avant la première phrase utile, et votre spectateur est parti. Chez Vidyard (éditeur américain, plus de 940 000 vidéos de ses clients analysées), 65 % des vidéos de moins d’une minute sont regardées jusqu’au bout, contre 20 % pour celles de plus de 20 minutes. Chaque seconde de survol décoratif se paie en attention.
- Le site qui ne gagne pas à être vu d’en haut. Un bureau en zone d’activités, entre un rond-point et un parking : vu du ciel, c’est un toit gris. Mieux vaut filmer les gens à l’intérieur.
Un test simple : retirez mentalement le plan drone du montage. Si le spectateur perd une information (la taille, le lieu, le mouvement), gardez-le. S’il ne perd que de la beauté, discutez du budget.
Le drone dans une stratégie vidéo : par où commencer
Avant de demander « vous faites du drone ? », posez le besoin. C’est la méthode que nous suivons en rendez-vous :
- Situation : quelle vidéo, pour quel public ? Un film d’entreprise pour des acheteurs, une vidéo carrière pour des candidats, une captation d’événement ?
- Contexte : le lieu se prête-t-il au vol ? Zone peuplée, aérodrome proche, zone protégée ?
- Objectif : quelle information le plan aérien doit-il donner que le sol ne donne pas ?
- Ressources : quel budget, quel délai ? Le délai réglementaire minimal tient-il dans votre calendrier ?
- Évolution : ce plan servira-t-il ailleurs (page carrières, salon, réseaux) ? Le tourner en plusieurs formats coûte peu sur place, cher après.
Sur le prix : un plan drone intégré à un tournage existant coûte beaucoup moins cher qu’une journée drone dédiée, parce que l’équipe, le déplacement et le montage sont déjà là. Nous détaillons ce qui fait varier un budget dans notre article sur le coût d’une vidéo d’entreprise.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour filmer son entreprise par drone ?
Oui dans la grande majorité des cas professionnels. Le télépilote doit être enregistré comme exploitant auprès de la DGAC, et selon le lieu et le type de vol, il faut une déclaration (scénario standard européen, déclaration en préfecture en zone peuplée) ou une autorisation de la DSAC. C’est au prestataire de s’en charger, mais c’est à vous de vérifier qu’il l’a fait.
Les scénarios S1, S2 et S3 sont-ils encore valables en 2026 ?
Non. Ils ont été reconnus jusqu’au 1er janvier 2026 pour les exploitants déclarés avant 2024. Depuis, les vols en catégorie spécifique passent par les scénarios standard européens STS-01 et STS-02, ou par une autorisation.
Combien de temps à l’avance faut-il prévoir un tournage drone ?
En agglomération, au moins 5 jours ouvrables pour la déclaration en préfecture. Pour une dérogation (vol de nuit, hauteur supérieure à 120 m), au moins 30 jours. Ajoutez la météo : un tournage drone se prévoit avec une date de repli.
Peut-on filmer un événement d’entreprise par drone, au-dessus des invités ?
Le survol de personnes non impliquées est très encadré, et un rassemblement en ville cumule les contraintes. Selon le cas, on filme en bordure de la foule, avant l’arrivée du public, ou en intérieur avec un drone FPV après accord du lieu. Le droit à l’image s’applique comme pour une caméra au sol.
Le drone améliore-t-il le référencement ou les ventes ?
Aucune étude sérieuse ne mesure l’effet d’un plan aérien seul. Ce qui se mesure, c’est la performance de la vidéo entière : taux de visionnage complet, clics, demandes de devis, candidatures. Le drone est utile quand il rend cette vidéo plus claire ou plus mémorable, quand il apporte une perspective que les plans au sol ne peuvent pas donner : un film tourné uniquement au drone peut être proposé, mais ça devient une visite de site industriel par exemple.
À retenir
Le drone n’a jamais été aussi accessible ni aussi encadré. Depuis le 1er janvier 2026, le cadre est européen, et un prestataire sérieux vous le dit sans que vous ayez à le demander. Commandez un plan aérien quand il montre une échelle, un territoire, un mouvement, ou quand il servira régulièrement !
Vous préparez un film d’entreprise, une vidéo carrière ou la captation d’un événement en Isère ou ailleurs en France ? Découvrez nos prises de vue par drone ou demandez un devis : nous vous dirons honnêtement si le drone apporte quelque chose à votre projet.



